KAMAR EZAMANE MOHAMED est candidat aux élections présidentielles de NGAZIDJA.

De passage à Paris pour rencontrer la diaspora de NGAZIDJA, nous l’avons rencontré pour nous faire part de ses grandes lignes de campagne,

 

 

Paris Media : Quel est votre devise ?

 

KAMAR EZAMANE MOHAMED : Union, Changement et Transparence

 

PM : La France reste toujours un pays incontournable pour le système politico-économique comorien; est ce que cela peut se justifier par votre visite actuelle ?

 

KEM : Oui, mais pas forcement dans le sens que vous croyez. Je suis en France pour rencontrer les Comoriens de France car ils constituent le pilier principal de notre économie. Avec près de 30 milliards d’apport en devise, aucun programme économique ne pourra se construire sans l’adhésion de la diaspora comorienne. C’est  l’objet de ma visite en France.

 

PM : Vous êtes le candidat officiel aux élections présidentielles de NGAZIDJA de l’UNDC,  le parti SHAWIRI et le Mouvement de Saïd Abdallah Cheick vous apportent leur soutien. Pourquoi selon vous ?

 

KEM : Je pense que le réalisme et le pragmatisme ont prévalu dans la décision de ces formations. Devant les difficultés que notre pays rencontre, les hommes de bons sens jugent selon la capacité des individus à les surmonter au lieu du fantasme. Plusieurs rencontres ont permis avant le dépôt des candidatures, à déterminer nos convergences de vue.

 

PM : Vous étiez élu député de la 41ième circonscription, HAMAHAMET, et étiez directeur général adjoint de la société des hydrocarbures des Comores. Quel est votre bilan pour justifier la confiance que les grands – comoriens peuvent vous donner ?

 

KEM : Mon mandat de député a permis aux Comoriens d’avoir une autre opinion de cette fonction. Jusqu’à mon entrée à l’assemblée, le député était un intermédiaire entre sa circonscription et l’administration. Avec mon élection, les Comoriens ont compris que l’élu est un homme de proposition, de défense des intérêts de la Nation y compris devant le gouvernement. Mon opposition face aux malversations qui ont émaillé le régime de Djohar, mes démarches pour dénoncer les magouilles dans l’Affaire Ashley et la compagnie Air Comores, ont prouvé devant l’opinion nationale et internationale que la fonction de député a changée. En ma qualité de directeur adjoint de la SCH, je pense que les résultats financiers parlent d’eux-mêmes. A mon entrée en fonction à la SCH, c’était l’une des sociétés, les plus endettées. Mon passage est marqué par l’expansion de la capacité de stockage du dépôt de Moroni, le remboursement de la dette, j’ai quitté la société en laissant une société saine.

 

PM : Dans votre discours d’investiture à la candidature des élections vous avez déclaré ainsi ; « avec moi NGAZIDJA défendra fermement l’unité nationale contre toute forme de séparatisme et  promouvra la  solidarité mutuelle entre les îles. Néanmoins  je n’accepterai jamais que NGAZIDJA soit humiliée et privée de ses droits légaux et constitutionnels ».

Qu’entendez – vous au juste par là ?

 

KEM : Il faut savoir que la nature a très bien fait les choses. Dans la composition d’un électron, il y a un proton au centre appelé noyau et des électrons qui gravitent à différents niveaux autour de ce noyau. L’équilibre énergétique entre les électrons et le proton crée la structure stable de l’électron. Plusieurs électrons se regroupent selon leur charge positive ou négative pour former des molécules stables et équilibrées. C’est ainsi que dans chaque structure naturelle, il faut une force d’attraction, une cohérence et un besoin mutuel. En faisant de Ngazidja une île d’attraction, l’équilibre social entre nos îles, sera établi sans encombre. Cependant, il faut une certaine fermeté et pragmatisme.

 

PM : Toujours en référence à ce même discours, vous avez évoqué l’état lamentable que présente Moroni, que proposez – vous au juste pour sortir la capitale de cette situation déshonorante et honteuse ?

Ne craignez vous pas être jugé de favoritisme par les autres régions en mettant un accent sur une politique centralisé par rapport à une décentralisation jugée efficace actuellement ?

 

KEM : La décentralisation administrative est une nécessité du moment. L’administration doit être rapprochée du citoyen. Le gouvernement va donner les moyens aux collectivités dans le cadre de la contribution de l’île. Mais cela va permettre au gouvernement de l’île de s’occuper de l’intérêt général. La santé, l’éducation, les infrastructures, l’environnement, la cohésion sociale et bien d’autres sont des troncs communs à toute la population. Il y a beaucoup à faire pour un gouvernement de l’île que les extraits d’acte de naissance.

 

PM : les problèmes permanents de l’énergie et des infrastructures routières de NGAZIDJA restent les priorités des grands – comoriens. Que proposez – vous très concrètement comme solution ?

 

KEM : Il ya plusieurs manières de régler la question énergétique. Les Grands pays confient la production à des sociétés privées dès lors que l’état n’a pas beaucoup de moyens. Pourquoi ne pas s’inspirer de cette démarche pour juguler cette question. Par ailleurs, l’environnement occupe actuellement dans le monde une question centrale. Il y a des solutions techniquement réalisables chez nous comme les bios masses. La construction d’un incinérateur de nouvelle génération qui disposera d’un dispositif de filtrage des fumées peut à la fois apporter une solution à la question du traitement des déchets et la production électrique.

Un projet de recoure à  l’énergie éolien ou solaire se concrétise en étude par mes spécialistes en la matière.

L’autre solution à adapter impérativement  et parallèlement à tout projet de modernisation fiable à l’énergie de Ngazidja est de responsabiliser les différents communes afin de sous traiter aussi les suivies techniques, la surveillance à la consommation des foyers et la gestion financière au niveau communal.

Dans touts les cas,  le système d’énergie actuel n’est pas fiable. Notre première mesure est de décider une de nos alternatives – solutions pour l’accompagner. La deuxième mesure serait de remplacer progressivement le système d’énergie actuel.

La population ne peut pas continuer à vivre dans l’obscurité répétitive.

 

PM : des milliers et des milliers de patients grands – comoriens se rendent régulièrement à Maurice, Madagascar, Nairobi, France ou ailleurs pour se soignez ; et peut être vous-même aussi. Comment pensez vous arrêter cela, par quels moyens et dans combien de temps ?

 

 

KEM : J’étais député lorsque la réforme du système de santé a été effectuée. Le gouvernement de Djohar s’est entêté à applique tout bêtement la proposition de la banque mondiale de privatiser le système de santé. Je me suis opposé à la privatisation des services des urgences et de chirurgie. Ma première mission sera de prendre en charge au niveau du gouvernement de l’île les charges afférentes à ces deux services dès la deuxième semaine de ma prise de fonction. Il n’y a pas de raison que l’argent public soit utilisé exclusivement aux fonctionnaires. L’argent appartient à tous les citoyens, le gouvernement doit se charger de restituer une bonne partie sous forme de prestation de service public.

 

PM : Vos compatriotes émigrés souffrent beaucoup d’une mauvaise organisation  d’accueil dans les différents aéroports (SANA, MORONI ….) et des sociétés de transport non sérieuse. Que dit  votre programme à ce sujet ?

 

KEM : En réalité cela ne relève pas de la compétence du gouvernement de l’île. Ma charge sera l’accueil une fois qu’ils auront traversé la zone douanière. Cependant, dans le cadre de la concertation entre l’Union et les Iles mon gouvernement fera des propositions beaucoup plus concrètes à l’appréciation des autres partenaires.

 

 

PM : la politique des communes entre petit à petit dans l’esprit des grands – comoriens. Quel est votre projet dans ce domaine ?

 

 

KEM : Au sujet des communes, la question essentielle est la question du cadastre. Avant même le transfert des compétences et des moyens, il faut savoir que la question du cadastre touche tous les Comoriens pas seulement la délimitation des communes. Or si chaque comorien était capable de produire un acte de propriété, la délimitation des communes irait de soi. Dans un premier temps la concertation sera privilégiée. Il y a beaucoup de taxes à créer pour harmoniser la fiscalité dans le pays. Nous devons oser sortir des entiers battus.

 

 

PM : Donnez nous trois raisons pour vous choisir par rapport aux autres candidats.

 

KEM :

-         Un projet concret,

-         Une transparence garantie,

-         Un autre système d’administration vite, efficace et proche de la population.

 

 

PM : Dernier mots ?

 

KEM : Je laisse aux grands Comoriens le dernier mot, la dernière décision ; entre le choix d’un avenir prospère que j’incarne avec mon équipe et touts les parties qui soutiennent mon projet en comparaison avec les autres candidats.

Je ne peux  que souhaiter bonne chance à notre Pays.

 

 

Moroni le 10. 05. 2007

 

Conférence de presse de l’ambassadeur  Français aux Comores

 

Monsieur Christian Job

 

 

 

La coopération française respecte le cadre institutionnel d’une fédération et non d’une confédération d’Etats

Justifiant la suspension « temporaire » de la coopération sanitaire entre le centre hospitalier de Mayotte et celui d’Anjouan, à la demande des autorités de Moroni, l’ambassadeur de France dit déplorer cette situation qui risque de retarder la mise en place de nombreux projets de coopération décentralisée avec les îles autonomes.

Moroni, jeudi 10 mai 2007 (HZK-Presse) – « Un pays qui n’est pas en mesure de financer ses propres élections est-il réellement indépendant ? », s’interroge d’entrée de jeu l’ambassadeur de France en Union des Comores, face à la presse nationale qu’il a conviée hier soir à un entretien voulu « franc et sans langue de bois ».

Et Christian Job de citer le chiffre de 450.000 euros (221 millions francs comoriens), qu’apporte son pays au budget des présidentielles des îles des 10 et 24 juin prochain, plaçant la France au rang de premier contributeur, devant l’Union européenne et le Pnud.

Le diplomate français exprime la « grave préoccupation » de son pays et de l’ensemble de la communauté internationale sur la tenue des élections y compris à Anjouan où règne une tension politique depuis les violences militaires de la semaine dernière. « La France a énergiquement condamné » ces actes dirigés contre l’armée nationale de développement (AND) par la force de gendarmerie d’Anjouan (FGA), rappelle-t-il.



Paris n’entretient « aucune relation bilatérale avec Anjouan », poursuit M. Job, pour qui les actions de son pays avec chacune des îles autonomes de l’Union des Comores « s’inscrivent dans le seul champ d’intervention de la coopération décentralisée ».

Des relations « respectueuses » du cadre institutionnel comorien « d’une fédération et non d’une confédération d’Etats », explique un représentant de la France quelque peu « scandalisé » que son pays soit l’objet « d’accusations rocambolesques », soupçonné d’ingérence dans les affaires comoriennes.

Christian Job rejette « cette absurdité » qui ferait croire que son pays puisse être « suspecté de déstabiliser les Comores, d’instruire des militaires de Bacar [chef de l’exécutif de l’île d’Anjouan dont la fin du mandat depuis le 14 avril dernier a été constatée par la Cour constitutionnelle, ndlr], et même de fournir des armes et des mercenaires… »

Justifiant la suspension « temporaire » de la coopération sanitaire entre le centre hospitalier de Mayotte et celui d’Anjouan, à la demande des autorités de Moroni, l’ambassadeur de France dit déplorer cette situation qui risque de retarder la mise en place de nombreux projets de coopération décentralisée avec les îles autonomes.

Selon la version officielle, un couple de coopérants français en poste à Anjouan avait été soupçonné à tort d’héberger des mercenaires, qui seraient en réalité deux médecins ORL en tournée médicale dans l’île.

Revenant sur la tenue des élections, le diplomate français exprime le souhait que le calendrier électoral établi par la Commission électorale nationale soit respecté. Paris y apportera son appui au coté de l’Union Africaine et de l’Afrique du Sud, le pays coordonnateur. « Le scrutin doit impérativement avoir lieu à la Grande-Comore et à Mohéli, le cas échéant », dit-il.

Mais poussant plus loin son analyse de la crise comorienne, M. Job estime qu’après 31 ans dépendance, « il serait temps que les comoriens prennent leur destin en main et qu’ils apprennent à se parler pour sortir de cette crise permanente ». Les récents événements d’Anjouan sont selon lui « le dernier soubresaut d’un conflit séparatiste qui n’a pas été résolu ».

Le risque d’un blocage du processus électoral était à ses yeux évitable si les autorités comoriennes savaient s’y prendre à temps. « Dans toute démocratie qui fonctionne les élections ont lieu avant la fin du mandat électif, pas après ! », lance l’ambassadeur.

S’exprimant sur l’affaire du détachement de Mayotte du code pays 269 attribué à l’ensemble des quatre îles de l’archipel des Comores, le représentant de la France se contente de prendre acte de la protestation du gouvernement comorien.

Concernant l’affaire de la Banque pour l’industrie et le commerce [Bic, du groupe français BNP-Paribas récemment reprise par la BRED-Banque populaire], condamnée le mois dernier par le tribunal de Moroni à verser 3 milliards fc (6 millions d’euros) à un de ses clients à titre de dommages et intérêts, Christian Job émet sa « ferme protestation pour la manière pas convenable de la conduite judiciaire » de ce contentieux commercial. Le dénouement de cette affaire « aura valeur de test pour la France », prévient-il. La Bic représente 13% des intérêts français aux Comores, rappelle-t-on.

A propos du départ annoncé du lieutenant-colonel Said Hamza pour la France, où il devrait suivre une formation à l’école de Guerre, le diplomate français confirme l’annulation de l’inscription, suite au limogeage de celui qui a été jusqu’au 2 mai dernier le chef d’état-major de l’armée comorienne. « Pour le moment aucun autre officier comorien n’ira à sa place », ajoute-t-il.

Quant à la participation de Mayotte aux prochains jeux des îles de l’Océan indien, M. Job dément toute information sur une éventuelle remise en cause de l’accord déjà conclu entre Moroni et Paris.

Enfin, sur le cas des expulsions massives des comoriens des autres îles opérées à Mayotte, l’ambassadeur renvoie la balle à la partie comorienne qui n’aurait pas pris d’initiative dans le cadre des conclusions de la dernière réunion de la Commission mixte franco-comorienne d’avril 2006, sur les aménagements à apporter à la gestion des « mouvements de populations » entre les îles.

« Cela aurait permis d’éviter les souffrances qu’endurent de nombreuses familles, dans le respect des législations en vigueur et des droits de l’homme », conclut-il.

Commentant l’élection de Nicolas Sarkozy à la présidence de la république française, le diplomate assure qu’il n’y aura pas de flexion dans la coopération bilatérale. Paris tiendra son engagement de l’ordre de 88 millions d’euros en faveur des Comores, annoncé à la conférence des bailleurs de fonds de décembre 2005 à Maurice, et formalisé en novembre dernier à Moroni par la ministre française de la coopération à travers le Document cadre de partenariat, tient à rappeler C. Job.

Source : El-Had Said Omar - 100507/eso/hzkpress e/7h00